Fiche Nº 004 · trempée
Chocolaga
Hochelaga-Maisonneuve, mais surtout Hochelaga-Maison-Chocolat.

Chez Chocolaga, j’ai pris une crème glacée molle à la vanille trempée dans un enrobage chocolat-caramel. Dès les premières bouchées, j’ai compris que j’avais fait le bon choix.
La vanille était vraiment bonne, riche et bien parfumée. On voyait même de petits morceaux de gousse à l’intérieur de la crème glacée, ce qui expliquait probablement pourquoi elle goûtait autant la vraie vanille. Rien de fade ni d’artificiel : elle avait assez de caractère pour ne pas disparaître sous le trempage.
Et heureusement, parce que l’enrobage ne faisait pas dans la discrétion. Le chocolat et le caramel formaient une couche croquante, généreuse et parfaitement gourmande. Ensemble, les deux saveurs fonctionnaient très bien : le trempage était riche, la vanille plus douce, et chaque bouchée donnait envie de prendre la suivante un peu trop vite.
L’expérience aurait déjà été très bonne, mais le personnel l’a rendue encore meilleure. Mon amie, curieuse, a demandé à la gentille trempeuse de cornets comment la crème glacée faisait pour ne pas tomber dans le bassin de chocolat. Quel était le secret ? Elle a répondu, avec le calme de quelqu’un qui a vu des choses : “Ça tombe parfois.”
J’ai adoré cette franchise. Pas de mystère, pas de technique ancestrale transmise de génération en génération. Parfois, la molle tombe. C’est tout. C’est ça, le vrai professionnalisme : maîtriser le geste, servir un excellent cornet et accepter qu’un jour, malgré tout, la vanille choisisse la noyade.
Chez Chocolaga, j’ai donc trouvé une crème glacée délicieuse, un trempage réussi et un personnel honnête sur les risques du métier. Mon cornet a tenu jusqu’au bout. Moi, beaucoup moins.
Jeanne Boules