La démarche · méthodologie · barème
À propos
Je m'appelle Jeanne et j'ai commencé ce carnet parce que je n'arrivais plus à me rappeler si la crèmerie de l'été précédent (ou d'hier) était vraiment aussi bonne que dans mon souvenir. La mémoire gustative est faillible. Et la rigueur de ma démarche vise à y remédier.
Pour chaque entrée : un numéro, une fiche technique, des conditions d'observation, une note motivée.
Comment se déroule une visite
Je commande ce que la maison fait le mieux d'après ce qu'on me recommande sur place, ce dont on entend parlé ou encore d'après mon envie, tout simplement. Je goûte sans rien ajouter, je note la texture avant le parfum, et je surveille la fonte, qui en dit long sur la teneur en air et sur la façon dont la glace a été montée.
Quand c'est possible, j'y retourne. Une seule visite décrit une soirée, pas un établissement : les bacs sortent plus ou moins longtemps du congélateur, la personne au service n'a pas la même main, la batch n'est pas la même. Quand je n'ai qu'une observation, je le dis dans la fiche et j'en tiens compte dans la note.
Ce qui compte, et ce qui ne compte pas
Ce qui compte : la texture, la franchise du parfum, la tenue à la fonte, la température de service, la régularité d'une visite à l'autre, et le rapport entre le prix et ce qu'on reçoit.
Ce qui compte un peu : la file, les heures d'ouverture, la possibilité de s'asseoir. Ces éléments ne touchent jamais l'évaluation du produit, mais ils peuvent coûter une demi-boule, parce qu'une crème glacée se mange dans le monde réel.
Ce qui ne compte pas : la décoration, la notoriété, le nombre d'abonnés, mon humeur du jour, et le fait qu'une maison soit indépendante ou non. Une chaîne qui fait une bonne glace fait une bonne glace.
Une dernière chose
Si vous n'êtes pas d'accord avec mes notes, vous avez probablement raison pour vous — et je vous encourage vivement à aller vérifier vous-même, ce qui reste la partie la plus agréable de la méthode.